Nouvelle authenticité

Rester ou déménager ? Rénover ou faire construire ? Autant de questions qui ont taraudé Sonja et Koen avant d’opter pour une maison neuve en terres inconnues.

Bâtir Son rêve

Il y a dix-sept ans, Sonja et Koen se sont installés pour le meilleur et pour le pire dans une maison mitoyenne située à la périphérie de Saint-Trond. « Nous nous y plaisions », raconte Sonja. « Mais l’envie de vivre à la campagne se faisait de plus en plus ressentir. Nous avons commencé par chercher une ferme à rénover dans les environs. Un projet que nous avons abandonné après trois ans car il y avait toujours quelque chose qui clochait : des travaux trop importants, des coûts difficiles à quantifier… » Le couple a alors changé de cap pour se mettre en quête d’un terrain à bâtir, qu’il a fini par dénicher à l’extrême nord de la province de Liège. « Nous ne connaissions pas très bien la région, mais en y passant par hasard, nous avons repéré deux parcelles à vendre. Nous sommes revenus plusieurs fois sur les lieux puis nous avons pris notre décision. »

Projet à deux vitesses

Ils avaient déjà une idée précise du genre de construction qu’ils souhaitaient ériger sur leur terrain : une maison de caractère, au cachet authentique, bâtie dans la mesure du possible avec des matériaux de récupération. Un projet qu’ils ont mené à bien : seules les nouvelles plantations du jardin aménagé par leurs soins trahissent le jeune âge des lieux. Mais Rome ne s’est pas faite en un jour. « Les règles en matière d’urbanisme étaient beaucoup plus strictes que prévu », explique Koen. « Nous avons donc dû modifier quelques fois les plans que nous avions dessinés. Un autre problème s’est posé : la vente de notre ancienne maison fut conclue en à peine une semaine. Nous avons alors emménagé dans un appartement, dans lequel nous sommes finalement restés deux ans, le temps que s’achève la construction de notre maison. De plus, nous voulions tout suivre de A à Z et n’avons donc eu d’autre choix que de faire quotidiennement la navette entre l’appartement et la maison. Dès que notre nouvelle maison a été habitable, nous nous sommes empressés d’y emménager. »

Prendre de la hauteur

Aujourd’hui, tous ces soucis sont loin derrière eux. La bâtisse, qui en impose déjà de l’extérieur, impressionne encore plus par ses volumes intérieurs. Dès qu’on y pénètre, le regard est attiré comme un aimant par la hauteur vertigineuse du plafond. « 3,40 mètres », précise Sonja. « J’ai un faible pour les granges et les maisons de maître. Cette demeure est la fusion parfaite entre les deux. » Et Koen d’ajouter : « Quand on dispose d’une telle hauteur, il serait impardonnable de ne pas en profiter. Comme nous ne sommes pas du genre à accumuler les choses, nous n’avions pas besoin de grenier. Cela nous a permis de laisser tout l’espace ouvert jusqu’au faîte du toit. »

Antiquités

Le style authentique de l’extérieur trouve écho à l’intérieur. La plupart des matériaux, meubles et objets possèdent une longue histoire. Rien d’étonnant quand on sait que Koen vend des antiquités et des matériaux de construction anciens. Il sait donc où dénicher des pépites tant chez nous qu’à l’étranger. « Mais cette fois, c’était pour ma propre maison : il fallait donc bien peser chaque décision », confie-t-il. « Nous avons acheté les poutres et les portes anciennes avant de démarrer la construction. Cela nous a permis d’adapter les plans en fonction, ce qui n’est plus possible une fois le gros œuvre terminé. Parmi les objets auxquels nous avons réservé une place dans notre maison, beaucoup sont des pièces que j’avais acquises précédemment dans le but de les vendre mais que je trouvais trop belles pour m’en séparer. Cela dit, il est fort probable que je m’en défasse au fur et à mesure. Notre intérieur évoluera ainsi au gré de nos nouvelles trouvailles. »

L’appel du sud

Bien qu’ils aient investi beaucoup de temps, d’énergie et surtout d’amour dans leur maison, Sonja et Koen ne pensent pas y passer leurs vieux jours. Cela fait des années qu’ils rêvent secrètement d’un endroit à eux dans le sud de la France. Ces derniers temps, l’appel du sud s’est fait plus fort. « Je séjourne souvent en France pour mon travail, un pays dans lequel je ressens davantage d’affinités avec les antiquités. Je pourrais parfaitement y exercer mon métier. Dans un scénario idéal, nous voudrions combiner mon activité avec un B&B. Quand j’aurais moins de travail, je pourrais aider Sonja au B&B et, en fonction des réservations, elle m’accompagnerait dans ma chasse aux antiquités », rêve Koen. « Je brûle déjà d’impatience d’y être », renchérit Sonja. « Nous aimons passer du temps ensemble et faire des choses à deux. Ce serait super de pouvoir le faire encore plus dans le futur. » « Il faudra attendre encore un peu pour réaliser ce projet », tempère Koen. « Nous devons encore définir la situation, trouver la maison… Même si nous avons déjà une idée de ce que nous voulons. » De quoi éveiller notre curiosité. À suivre donc !

Sources : MDC 05-2018 | Texte Bert De Pau | Photographie Claude Smekens