Un week-end à l’ardennaise: maison de vacances Campagn’Art

C’est dans un merveilleux petit village ardennais avec juste ce qu’il faut de mystère et de passé que le gîte Campagn’Art a vu le jour.

À un quart d’heure de Durbuy, les bois touffus succèdent aux champs pour mener à Wéris, l’un des plus beaux villages de Wallonie. Entre les vallées de l’Ourthe et de l’Aisne, c’est dans ce petit coin de Belgique que l’on compte le plus grand nombre de mégalithes en ‘poudingue’ – une roche sédimentaire constituée de débris d’anciens galets. Autour de la ravissante église romane, les habitations en colombages et vieilles fermes sont nombreuses. C’est dans l’une de ces dernières que nous avons rendez-vous, dans la localité de Morville, un village si petit qu’il ne possède aucun nom de rue.

Restauration en profondeur

Un peu en hauteur et entourée de verdure, la belle architecture début dix-huitième est typiquement ardennaise, en pierres du pays avec encadrements de portes et fenêtres en pierres de taille. Marie-Christine Neufcoeur et son mari habitaient juste à côté de Hourlay, la plus ancienne ferme de Morville. Sollicités une première fois en 1996 pour acheter cette bâtisse attenante, ils n’ont alors pas les moyens de se l’offrir. Ce n’est que vingt ans plus tard lors d’une nouvelle proposition qu’ils en deviendront propriétaires. Leur idée? En faire un gîte. Un véritable sport national dans la région où les adresses de charme, très appréciées de nos amis du Nord du pays, fleurissent. Ils signent donc en 2006, mais les travaux ne commencent qu’en 2010. La toiture a été complètement refaite et bien isolée, les cloisons et faux plafonds abattus tandis que les charpentes ont été précieusement conservées et remises en état. Sablées, protégées, elles donnent aujourd’hui tout son caractère à l’endroit. En mémoire des anciens habitants, photographes de profession, avec lesquels ils étaient très liés, les nouveaux propriétaires placent le gîte sous le signe de l’art, et le nom de Campagn’Art s’impose très naturellement.

Grand espace ouvert

Férue de décoration, Marie-Christine épluche consciencieusement magazines et ouvrages de référence, écume le site internet E-bay et parcourt inlassablement les brocantes à la recherche de mobilier et d’objets particuliers qu’elle stocke méticuleusement. Elle traque aussi les petits artisans talentueux. Dans l’ancienne écurie où elle souhaitait une cuisine à l’atmosphère rustique, elle a pensé aux planches en chêne qu’elle gardait et a demandé au menuisier Jean-Pol Pirotte, ‘artiste dans l’âme’, de les utiliser. Tranchées, poncées, blanchies, elles habillent  aujourd’hui toutes les armoires et l’équipement électroménager de pointe tandis que les plateaux et une partie des murs ont été parachevés par une décoratrice professionnelle avec du mortex, un enduit multifonctionnel à base minérale. La table et les banquettes ont été confiées à un garnisseur ébéniste dont Marie-Christine admire le travail. Le bar, un peu plus loin, est un ancien billot de boucher conservé dans son état et sablé. Ils forment autant de haltes de choix dans un espace qui, du salon un peu plus bas à la cuisine, a été voulu complètement ouvert pour que tout communique. À l’extérieur et particulièrement dans la ravissante terrasse propice aux barbecues ou sur la pelouse attenante, les endroits pour se poser sont également nombreux. Il y a toujours une table et des chaises accueillantes prêtes à recevoir leurs invités selon l’humeur et le temps.

Dédiées aux Beaux-Arts

À l’étage, sous les charpentes apparentes, sont regroupées quatre chambres avec salle de bains, chacune étant consacrée à une discipline artistique: celle de l’écrivain et ses petites phrases déclinées sur les murs, celle du musicien plus contemporaine, celle du peintre – la préférée de Marie-Christine! – avec ces palettes qui semblent encore fraîches, et bien entendu, celle du photographe par qui tout a commencé, où l’on va retrouver la photo de mariage des habitants et un vieil appareil légué par leurs enfants. Le reste de cette pièce est sobre, l’attention portée à l’originalité de chaque élément n’en a été que plus grande: une armoire réalisée à partir d’antiques volets en chêne, les anciennes portes restaurées, une tête de lit en provenance d’un brocanteur de Theux, ces meubles dorés qui apportent une touche théâtrale. Chaque espace fait preuve d’inventivité jusque dans les moindres détails – rideaux, matelas ou linge de lit – et les salles de bains raffinées rappellent les matériaux majeurs des chambres tout en déclinant des vasques singulières. En face, sous les poutres, Marie-Christine a posé fauteuils et chaises longues en signe de détente.

Étapes de choix

« J’ai toujours adoré le tourisme », raconte Marie Christine, qui avoue pourtant ne pas avoir eu beaucoup l’occasion de voyager. Elle a d’ailleurs fait de l’ancienne cage d’escalier une étagère consacrée aux dépliants vantant les mérites de la région. Durbuy, toute proche, offre à la découverte son château, un dédale de vieilles ruelles, un parc de topiaires et une riche gastronomie. Parmi les destinations connues, on citera les grottes d’Hotton, le labyrinthe de Barvaux en saison, et à une trentaine de kilomètres, les grottes de Han, le château de Modave et le Monde Sauvage d’Aywaille. Sans oublier des restaurants comme le Sanglier des Ardennes, le Fou du Roy ou les Pieds dans le Plat à Marennes. Très prochainement, le Cor de Chasse, l’étoilé de Barvaux, s’installera ici dans le centre de Wéris. Et même si l’on délaisse ces grandes adresses, l’endroit regorge d’étapes savoureuses comme le marché de la Petite Batte à Bomal qui attire des centaines de personnes, la chocolaterie Defroidmont qui propose un circuit autour du cacao, les confitures de Saint-Amour ou encore la fromagerie des Tourelles dont les plateaux font le bonheur des hôtes de Marie-Christine. Dans les événements plus particuliers, on pointera la ferme écologique pour les enfants ou les balades spirituelles organisées par l’un de ses amis druides. Aussi vient-on de partout et même parfois de très loin pour atterrir dans ce petit village ardennais. Quand ce ne sont pas des marins ostendais, ce sont des visiteurs en provenance de New York ou Bangkok! Malgré une vie professionnelle intense (elle est aussi comptable dans un hôpital), cette activité est devenue une vraie passion pour Marie-Christine qui a transformé Le Hourlay en gîte familial. Dans le même esprit, à quelques mètres de là, son fils possède la Bergerie d’Eugénie. À trois, ils peuvent aujourd’hui accueillir 35 personnes. « Ces gîtes sont pour moi un véritable bol d’oxygène», confie-t-elle. «Ce qui me plaît, c’est de voir les gens arriver heureux dans un lieu de vacances agréable ».

En pratique

L’adresse: Morville 48, 6940 Wéris. Pour plus d’info, visitez le site web.

Source: MAISONS de Charme octobre/novembre 2012 | Photos Jonah Samyn | Texte Viviane Eeman